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    Article : IA

    J’ai testé l’IA générative.
    Voici ce que mes mains m’ont appris en retour.

    Ces dernières semaines, j’ai dessiné, expérimenté, exploré. Testé de nouvelles techniques, de nouveaux supports. Et dans un élan de curiosité sincère, je me suis aventuré dans l’IA générative d’images et de vidéos.

    Ce que j’en retire ?

    Un mélange de réponses incomplètes, de questions qui s’attardent, et d’une certitude inattendue sur ce qui me fait vraiment vibrer.


    La première génération, c’est une esquisse que la machine ne sait pas encore terminer.

    À l’heure actuelle, espérer exploiter directement le rendu d’une première génération IA, c’est un peu comme espérer qu’une graine devienne un arbre du jour au lendemain. Il faut du temps, des itérations, et surtout beaucoup de retouches manuelles — Photoshop (logiciel de retouche d’images), After Effects (logiciel de retouche vidéo) — pour amener l’image là où elle doit être.

    Pour un visuel attendu, classique, dans les standards ? L’IA s’en tire avec élégance. Mais si vous cherchez quelque chose qui vous ressemble vraiment, quelque chose d’original et de singulier ?

    Elle atteint assez vite ses limites.
    Elle produit, mais elle n’invente pas vraiment.
    Elle assemble, là où vous, vous ressentez.

    La preuve par les chiffres, sur le court-métrage visible plus bas :

    • 30 % de génération IA
    • 60 % de retouches manuelles (Photoshop, After Effects)
    • 10 % de montage (son, rythme, étalonnage)

    7 heures au total. Pour un résultat qui ne ressemblait pas tout à fait à ce que j’avais imaginé.


    L’IA, c’est un compromis. Et tout compromis a un prix.

    Si vous savez dessiner, si vous aimez ce dialogue silencieux entre votre intention et votre maince moment suspendu où la ligne arrive exactement là où vous l’aviez rêvée alors l’IA risque de vous laisser sur votre faim.

    Elle m’a certes allégé le temps de réalisation. Mais elle m’a livré quelque chose d’approximatif, un résultat qui frôlait ma vision sans jamais tout à fait la toucher.

    Et puis il y a les hallucinations* — ces petits écarts de l’algorithme, ces accidents visuels qu’on ne commande pas.

    J’ai passé des heures à générer, et le double à corriger, à recoudre, à tenter de ramener l’image vers quelque chose de cohérent. Ce temps-là, je ne l’ai pas passé à apprendre. Je l’ai passé à réparer.

    Je crois sincèrement que j’aurais appris davantage, et ressenti davantage, en faisant tout ça à la main.


    Animation IA vs animation traditionnelle : deux façons d’habiter le temps.

    L’animation traditionnelle est lente. Elle demande une patience que notre époque ne valorise plus vraiment. Mais en 7 heures de travail traditionnel, j’aurais obtenu exactement ce que je cherchais : le bon rythme, les bons visages, les expressions justes. Moins de détails peut-être. Mais plus de moi.

    Il y a quelque chose de précieux dans cette lenteur-là. Quelque chose qu’on ne peut pas générer.


    Et si j’avais mal posé la question à la machine ?

    Peut-être que je m’y suis mal pris.
    Peut-être qu’avec un storyboard précis en amont, les résultats auraient été plus fidèles à mon intention.
    C’est une piste que je garde, quelque part, par curiosité.

    Mais ce que je sais aujourd’hui, c’est que je trouve bien plus de sens dans l’apprentissage que dans la correction. Utiliser l’IA ressemblait un peu à jouer au casino — non pas pour l’adrénaline, mais pour cette sensation étrange de ne pas vraiment tenir les rênes.

    On mise, on attend, on reçoit quelque chose d’inattendu.
    Parfois beau.
    Rarement juste.

    Et moi, j’ai besoin que ce soit juste.


    Ce que cette expérience m’a vraiment offert.

    Paradoxalement, c’est cette déception douce qui m’a redonné l’envie de progresser. Mieux encrer, mieux gérer la lumière, mieux sculpter les volumes par le dessin. Revenir à l’essentiel : créer avec ses mains, apprendre avec son regard.

    L’IA m’a montré, en creux, ce qui comptait pour moi.

    C’est peut-être son plus beau rendu.


    Hallucinations : terme désignant les incohérences visuelles produites par l’IA — anatomies improbables, textures qui dérivent, détails non sollicités.