Hier soir, sous la chaleur de l’été, une idée m’est venue.
Je me suis demandé pourquoi il existait tant de prières pour celles et ceux qui croient en un dieu, mais si peu de textes de recentrage auxquels revenir lorsque l’on n’y croit pas.
Je ne cherchais ni une nouvelle philosophie, ni un dogme, ni une spiritualité de remplacement. Je cherchais simplement quelques mots auxquels revenir lorsque la vie devient lourde. Un texte capable de remettre un peu d’ordre dans le tumulte, de retrouver un élan, sans avoir besoin d’invoquer une quelconque divinité.
J’ai parcouru quelques textes existants, mais je n’ai pas trouvé celui qui répondait à mon besoin. Alors j’ai commencé à écrire le mien.
Ce texte comporte des passages à portée universelle et d’autres à portée plus personnelle. Certaines phrases me ressemblent aujourd’hui ; elles ne vous ressembleront peut-être pas demain, ou ne vous correspondront peut-être jamais. Et c’est très bien ainsi.
Si ce texte vous parle, je vous invite à vous en emparer. Modifiez-le, raccourcissez-le, complétez-le. Faites-en quelque chose de vivant, qui épouse votre propre manière d’habiter le monde.
Je ne considère pas cet écrit comme un texte figé. J’imagine qu’il évoluera au fil des années, au rythme des rencontres, des joies, des deuils, des erreurs et de tout ce que la vie aura encore à m’apprendre.
Un texte de recentrage n’a pas vocation à dire la vérité. Il a simplement vocation à aider à retrouver une manière juste d’être au monde.
Bonne lecture.
(Un texte de recentrage personnel, librement partageable et modifiable)
Entre le bruit et le souffle
Aujourd’hui, je m’arrête.
Je laisse retomber un instant le bruit, les exigences, les inquiétudes, les regrets. Je reviens ici, dans ce souffle qui me traverse et traverse tout le vivant.
Que je remercie ou non la vie parce qu’elle est là,
Que ce texte de recentrage me rappelle mon élan premier : celui de me mettre en mouvement.
Un mouvement qui soit infime, quelconque ou grand.
Aussi lourd soit le silence de notre éphémérité, c’est aussi une équité absolue pour tout être vivant.
Le soleil qui, chaque jour, rend la vie sur Terre possible.
Les arbres qui grandissent dans le mutisme et le secret.
L’eau qui apaise lorsqu’elle est bue ou écoutée.
Les animaux qui demeurent eux-mêmes, malgré ce que nous projetons sur eux.
Les mains qui soignent.
Les regards qui comprennent.
Les rires malgré les larmes.
Les personnes qui, parfois sans le savoir, rendent le chemin de vie d’un autre plus apaisé.
Ceux qui m’ont accompagné à traverser des épreuves de vie et qui m’ont transmis, au passage, un peu d’eux et de leur bienveillance.
Nous sommes une respiration unique et singulière parmi d’autres respirations uniques et singulières.
Il est important de me rappeler que chaque être porte un combat invisible et que j’ai le désir d’avoir une écoute active des personnes silencieuses au même titre que de celles qui sont bavardes, en respectant mes limites morales et d’attention.
J’aimerais, autant que possible, comprendre avant de condamner.
J’aimerais que mes paroles ouvrent davantage qu’elles ne ferment.
Que ce que j’entreprends soit fidèle à mon optimisme plus qu’à mes peurs.
Je ne veux pas tout maîtriser.
Je veux laisser exister des questions sans réponse.
La vie est plus vaste que ce que je peux comprendre.
Je veux trouver une quiétude ressourçante à certains moments.
Je veux vivre avec les autres au sein de ce bordel qu’est la vie.
Je veux traverser cette existence dignement et avec bonté.
Je suis imparfait et j’apprends, mais je veux avancer avec les autres,
car eux aussi avancent avec leurs blessures, leurs espoirs et leur fatigue.
Je veux rester conscient que je fais partie d’un vivant bien plus vaste que mes semblables et moi, avec ses végétaux, ses climats, ses nuages, ses terres et ses animaux.
Je veux garder courage face aux déceptions.
Être curieux malgré les découragements.
M’émerveiller malgré les habitudes.
Avancer vers la vie malgré les épreuves.
Ce souffle me traverse aujourd’hui,
ce souffle sur lequel je n’ai envie de projeter ni moi-même ni quoi que ce soit d’autre… pas même l’absence de tout.










